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Article posté le : 09 04 2008  Auteur : François Olliet
La côte de Champvermol

Située en partie orientale de la vallée du Doubs, la côte de Champvermol est surmontée d'une corniche de 80 mètres taillée dans les calcaires kimméridgiens des plateaux d'Écurcey et d'Écot. Ces plateaux, affectés de failles, dominent la plaine d'effondrement de Mathay.

Cette riche localité, est le patrimoine naturel le plus remarquable de la Communauté d'Agglomération du Pays de Montbéliard est restée longtemps ignorée de nos anciens botanistes. C'est Charles Contejean qui la révèle dès 1849 "… elle est en partie boisée et plantée de vignes…".

Elle fait l'objet d'une ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Écologique Floristique et Faunistique), d'un arrêté préfectoral pour la protection du faucon pèlerin et elle est inscrite au projet Natura 2000. En partant de la rivière, on observe une suite de biotopes différents : des pelouses alluviales, des marais, une aulnaie-frênaie, des associations à hautes herbes, un éboulis avec la vigne sylvestre, des hêtraies et tillaies thermophiles, des pelouses sèches, une chênaie pubescente, une chênaie-charmaie…

Sous la bourrasque, nous n'avons pu entrevoir qu'une infime partie des pelouses, de la chênaie pubescente, de la chênaie-charmaie et que la flore pionnière d'une ancienne carrière.

  • Les pelouses sèches en bordure de corniche hébergent la seslérie bleuâtre (Sesleria albicans), le cirse sans tige (Cirsium acaule), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), le brome dressé (Bromus erectus), le llin purgatif (Linum catharticum), l'herbe à l'esquinancie (Asperula cynanchica), l'hélianthème sombre (Helianthemum nummularium subsp. obscurum), la germandrée des montagnes (Teucrium montanum), L'épiaire dressée (Stachys recta), la laîche faux-œillet (Carex caryophyllea), l'œillet des chartreux (Dianthus carthusianorum), la phalangère rameuse (Anthericum ramosum), le buplèvre en faux (Bupleurum falcatum), l'aster amelle (Aster amellus), l'hippocrépide fer-à-cheval (Hippocrepis comosa), deux marguerites monocéphales (Chrysanthemum adustum, Chrysanthemum alpicola)…
  • Le nez de corniche héberge la laîche humble (Carex humilis), l'ail à tête ronde (Allium sphaerocephalon), la drave des rochers (Draba aizoides), le genêt poilu (Genista pilosa), la laitue vivace (Lactuca perennis), quelques rares œillets de Grenoble (Dianthus gratianopolitanus)…

 

  • Les ourlets thermophiles sont le domaine du peucédan herbe-aux-cerfs (Peucedanum cervaria), de la gesse noire (Lathyrus niger), du trèfle rougeâtre (Trifolium rubens), de l'aspérule des teinturiers (Asperula tinctoria), de l'origan (Origanum vulgare), de la germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia), du faux-baguenaudier (Hippocrepis emerus), de la mélitte-à-feuille de mélisse (Melittis melissophyllum), du prunellier (Prunus spinosa), du rosier des chiens (Rosa canina), du rosier rouillé (Rosa rubiginosa), du rosier à feuille de pimprenelle (Rosa pimpinellifolia).
  • La chênaie pubescente au développement modeste est située en retrait immédiat de la corniche. On y rencontre le chêne pubescent (Quercus pubescens), mais il s'agit surtout de formes et d'hybrides avec le chêne sessile (Quercus petraea), le grémil pourpre bleu (Buglossoides purpurocaerulea), la laîche (Carex alba), la violette blanche (Viola alba), la primevère officinale blanchissante (Primula veris subsp. canescens)… blanche (
  • La chênaie-charmaie se développe à la faveur des argiles de décarbonatation du plateau, provenant de l'altération chimique du calcaire. Sous les chênes, le charme et le hêtre, la couverture herbacée avec la mercuriale vivace (Mercurialis perennis), la reine-des-bois (Galium odoratum), le brachypode des bois (Brachypodium sylvaticum), le lamier jaune (Lamiastrum galeobdolon subsp. montanum), le lierre (Hedera helix), la parisette à quatre feuilles (Paris quadrifolia), la renoncule tête d'or (Ranunculus auricomus) et la violette de Reichenbach (Viola reichenbachiana) sont révélatrices du niveau de nutrition.
  • Dans la petite carrière du Haut-de-Champvermol, le défrichement réalisé pour l'installation d'une aire de départ de deltaplane en bordure de corniche a favorisé des courants ascendants porteurs de graines issues de la végétation de la côte en contrebas. Parmi les colonisatrices, on remarque l'aster amelle (Aster amellus), l'ibéride intermédiaire (Iberis intermedia f. contejeani), Silene vulgaris subsp. glareosa pourtant inconnu dans l'éboulis, l'épipactis rouge-noirâtre (Epipactis atrorubens), le saule à feuilles cotonneuses (Salix elaeagnos), le genêt poilu (Genista pilosa)…
  • Sur le plateau des " Grands communaux " et des parcours, on a enrésiné de 1911 à nos jours (pin sylvestre, pin noir, épicéa…), ce qui n'a laissé aux anciennes pelouses qu'un espace restreint. L'Homme n'intervenant plus (pâturage, fauchage), elles se transforment peu à peu en friches et le milieu se ferme.
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