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Article posté le : 10 04 2008  Auteur : François Olliet
Le Bois des Pins

 


Présentation du Bois des Pins


Sur le coteau de Vraimont existe un petit bois. Ce terme bois apparaît dans notre langue en 1080, il nous vient du latin bosci, par le germanique bosk : buisson. C’est un terrain de faible superficie planté d’arbres. Pour arriver à cette formation, il a fallu passer par la touffe d’arbustes sauvages qu’est le buisson, par le bosquet tiré de l’italien boschetto diminutif de bosco : le bois. C’est un petit bois ou un groupe de quelques arbres. Si la surface boisée est de grande étendue, alors nous sommes dans une forêt, du bas latin forestis.

Mais, direz-vous, pourquoi ce préambule ? Tout simplement parce que les naturalistes sont tatillons sur la précision des termes.


Quelle physionomie présentait le coteau avant la plantation des pins ? Actuellement, nous l’ignorons. Ce que nous savons par contre, c’est qu’après les attaques de phylloxera en 1865, les terres et coteaux à vignes furent reboisés avec des arbres peu exigeants, les pins et les épicéas. Il en fut de même après la déprise agricole pour les anciens parcours à moutons.

Cette politique de reboisement permit à la forêt française de se reconstituer.

Les « Amis des Oiseaux » furent les premiers à s’intéresser au site, puis après leur adhésion à la Société d’Histoire Naturelle du Pays de Montbéliard et sur l’instigation en 1973 de Gaston Maillot, alors président, grâce au concours de la municipalité seloncourtoise, le petit bois devint un refuge pour les oiseaux. Cette décision avait été suggérée par celui qui, par la suite, allait être le garde assermenté de la réserve, Marcel Roussey.


Flore et végétation

Nous citerons parmi les espèces ligneuses les plus courantes :

- le Pin sylvestre ou pin rouge, du fait de la couleur rouge saumonée de son écorce. C’est une espèce de lumière qui ne craint ni le froid, ni les gelées de printemps, mais ses branches supportent mal le poids de la neige. Cet arbre est assez sensible au vent, les fûts de bonne provenance étaient utilisés pour les mâts de navire.

- le Pin noir d’Autriche doit son nom à son écorce profondément crevassée noirâtre. Cet arbre de croissance faible, originaire d’Autriche et des Balkans résiste bien à la sécheresse, au froid et au vent par un enracinement puissant. On en faisait des bois de mine, de charpente…

- il existe trois espèces d’érables à Vraimont : le Sycomore, le Plane et le Champêtre qui, contrairement à ses deux voisins, est un petit arbre à l’écorce liégeuse de 12 à 15 mètres, qui se cantonne dans les lisières, gêné qu’il est par les espèces d’ombre.

L’aspect ondé du bois d’érable est très recherché pour la lutherie et l’ébénisterie.

- le Tilleul à larges feuilles est d’une grande longévité (plus de 1000 ans). Il aime, en particulier, les éboulis grossiers plus ou moins mobiles.

- le Frêne élevé craint les gelées printanières, mais son bois résiste bien à la flexion et aux chocs ce qui fait qu’on l’utilise pour la fabrication des queues de billard et des manches d’outils. Son feuillage est un excellent fourrage.

- le Chêne pédonculé : ce pionnier craint les fortes sécheresses estivales lorsque le sol n’est pas suffisamment alimenté en eau.

- le Chêne rouge américain fut introduit au XVIIIe siècle comme espèce ornementale et en reboisement à la fin du XIXe siècle. Plante tolérante à l’ombrage et aux sols acides, sa présence au Bois des Pins est due aux animaux qui transportent ses semences. Il en est de même pour le Noyer planté depuis l’époque gallo-romaine, pour le Châtaignier, pour le Marronnier d’Inde introduit en 1615 et originaire des Balkans !

Les marrons des confiseurs que l’on cuit ou que l’on grille sont en réalité des châtaignes.

« Chauds, chauds, chauds, les marrons les châtaignes ! ».

La châtaigne est un fruit sec, le marron une graine.

- le Robinier, aux graines toxiques mais aux fleurs comestibles, utilisées en beignets, a un bois exceptionnellement résistant à la pourriture, on l’utilisait pour la fabrication des échalas de vigne ; le cœur est fluorescent en lumière UV.

le Robinier, introduit en 1601, dans le « Jardin du Roi » de la place Dauphine par Jean Robin, baptisé Robinier faux-acacia par Linné le naturaliste suédois, n’est pas un acacia comme on a coutume de l’appeler dans le pays.

l’Acacia est originaire d’Afrique, d’Australie ou des Indes. Une espèce est plantée dans le Midi sous le nom de Mimosa.

Les mimosas originaires d’Amérique surtout, ne sont pas des arbres, ce sont des herbes épineuses ou de petits arbustes piquants, leurs fleurs sont de couleur rosée ou blanche (jamais jaune !).

Donc l’Acacia du pays est un robinier, le Mimosa se nomme Acacia, c’est tout simple !


Parmi les nombreux arbrisseaux présents (chèvrefeuilles, sureaux, noisetiers, aubépines…), nous remarquons le Laurier Cerise, originaire de Turquie, utilisé dans nos haies et qui est un Prunier. Les oiseaux très friands de son fruit, en particulier le merle, le naturalisent dans toutes nos lisières forestières. Il est important de signaler cette plante comme n’étant pas un Laurier, car mise dans la choucroute, par exemple, ses feuilles chargées de cyanure ne la rendrait pas particulièrement comestible !


Nous ne citerons pas ici toutes les herbes, mais certaines comme le Géranium Herbe à Robert, le Benoîte, le Gaillet, l’Alliaire, l’Ortie… amies des nitrates, témoignent d’une époque proche où le Bois était utilisé comme décharge.


La faune

Les oiseaux sont très nombreux dans la réserve, ainsi que l’Ecureuil. Les chevreuils la traversent pour aller se régaler des roses mises gentiment à leur disposition dans les jardins limitrophes ! Des indices au sol témoignent de la présence de nombreux rongeurs.


Quelques mots de gestion


Pourquoi une zone naturelle tampon ?

 

- parce que les animaux utilisent la forêt comme un refuge et qu’ils vont, pour la plupart, se nourrir à l’extérieur, sur des zones dites de gagnage.

- parce qu’elle protège la lisière, par l’espace qu’elle crée par rapport à l’habitat.

- la lisière est capitale pour la survie de la faune et de la flore. Par son manteau forestier, elle protège les arbres du vent, de la chaleur, du froid. Parce que plus ensoleillée que le milieu forestier, c’est là que l’on trouve les espèces végétales porteuses de fruits, provende pour les oiseaux et autres animaux.

- c’est un lieu privilégié pour la nidification des oiseaux mais aussi le lieu idéal de reproduction pour bon nombre d’insectes qui vont participer à la pérennité du milieu forestier. Le meilleur moyen de faire disparaître un milieu est de le cloisonner, de l’étouffer, ici la zone tampon fait partie intégrante du bois.


Pourquoi conserver des arbres morts sur pied ?

 

- parce qu’ils font partie de tout écosystème naturel et offrent abri et nourriture à une faune et une flore plus ou moins diversifiée.

 

Pourquoi laisser au sol ceux qui sont tombés ?

 

- parce qu’en se décomposant et en se minéralisant grâce à une foule d’acteurs (animaux, végétaux…), ils vont permettre au sol de se régénérer pour le plus grand bénéfice des végétaux.

- parce qu’avant d’être transformés en humus, ils vont servir d’abri à bon nombre d’espèces et de garde-manger pour d’autres.


Une forêt propre n’est pas une forêt saine, la réalité est plus complexe.


Quelques mots sur la tempête dans le Bois des Pins

La tempête de décembre 1999 avec des vents de 160 km/h à la cime des arbres a surtout touché les spécimens les plus grands et les plus âgés, c’est-à-dire les Pins noirs. Certains ont été cassés mais la majorité a été déracinée (par le vent ou la chute des autres).

Deux raisons à cela :

 

- d’une part, toute la masse de branchages et de feuilles (espèce à feuillage persistant) était à la cime des arbres, ce qui les a très rapidement déséquilibrés et pour ceux qui se sont cassés leur a fait atteindre rapidement leur limite de rupture.

- d’autre part, un sol superficiel gorgé d’eau par des pluies récentes ne permettait pas un ancrage efficace des racines. Dans le cas du Bois des Pins, la pente, facteur aggravant dans certains massifs forestiers, était plutôt favorable à Seloncourt puisque face au vent.


Sans se réjouir des méfaits de la tempête, sachons qu’un milieu naturel ou non n’est pas statique, il se transforme progressivement ou brutalement comme à la suite de grands bouleversements comme les tempêtes.

Le Bois des Pins n’est pas détruit, il s’est modifié. Ce n’est pas une catastrophe écologique d’autant plus que l’homme avec le réchauffement de la planète a peut-être une part de responsabilité.

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